Derrière la moustache, symbole de cette mobilisation, Novembre Bleu porte un message plus large : prendre soin de la santé des hommes. En France, on dénombre environ 60 000 nouveaux cas de cancer de la prostate et 3 000 de cancer des testicules chaque année. Mais la campagne s'intéresse également à la santé mentale, notamment à la dépression et au suicide.
« Le but est vraiment de sensibiliser sur toute la santé masculine et pas que le côté du cancer », souligne le docteur Anthony Dos Santos. Les hommes ont en effet davantage de difficultés à parler de leur mal-être, parfois dissimulé derrière des addictions ou d'autres comportements. L'enjeu est donc de les encourager à exprimer leurs émotions et à demander de l'aide.
Une prévention à tout âge
La vigilance doit commencer tôt. Le cancer des testicules touche principalement les hommes entre 15 et 35 ans, tandis que celui de la prostate concerne davantage les hommes à partir de 50 ans, avec un âge moyen au diagnostic autour de 65 à 70 ans. Contrairement à d'autres cancers, ils ne bénéficient pas de dépistage organisé à grande échelle.
Novembre Bleu permet ainsi de rappeler les bons réflexes : être attentif aux changements, s'informer sur l'autopalpation des testicules et consulter en cas de troubles urinaires ou sexuels. Le dialogue avec un professionnel de santé reste essentiel.
Un diagnostic précoce peut en effet faire toute la différence. Lorsque le cancer est encore localisé, les traitements peuvent être moins lourds et les interventions plus ciblées. À l'inverse, lorsque la maladie s'est propagée à d'autres organes, la prise en charge devient plus complexe. « Plus c'est précoce, plus c'est localisé, plus on est performant et plus on garde des chances de guérison », rappelle le médecin.
Libérer la parole
La gêne reste toutefois un frein à la consultation. Sexualité, troubles urinaires ou mal-être psychologique : ces sujets ne sont pas toujours faciles à aborder. Pourtant, ils font pleinement partie de la santé et peuvent être évoqués avec son médecin généraliste.
Pour instaurer cette confiance, le dialogue doit être encouragé des deux côtés. « Il faut que ça aille justement dans les deux sens », insiste le docteur Dos Santos.
Au CMS Simone-Veil, tous les médecins généralistes peuvent informer, réaliser un premier examen clinique et orienter les patients vers un spécialiste, notamment un urologue si nécessaire.
Novembre Bleu rappelle ainsi l'importance de la prévention et du dialogue autour de la santé masculine. Un mois pour libérer la parole et encourager chacun à prendre soin de sa santé, à tout âge.
